Pascal Ory

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Pascal Ory, Historien culture et médias, professeur à la Sorbonne, Sciences Po Paris, EHESS (École des hautes études en sciences sociales) (RADD 2009)

Promouvoir la diversité culturelle est un choix intelligent

« On le sait : la globalisation culturelle n’a jamais été aussi poussée. Mais, au fond, le phénomène est vieux comme l’humanité. Même constat pour l’hégémonie : il y a toujours eu des cultures dominantes. En revanche, on a moins remarqué qu’il n’y a jamais, non plus, de domination sans circulation, échanges, métissage. En laissant même de côté les réactions proprement identitaires. Aussi étonnant que ça puisse paraître, la diversité est la résultante de la globalisation. Promouvoir cette diversité culturelle est, tout simplement, un choix intelligent.
Par ailleurs, si les sociétés modernes fonctionnent sur des postulats individualistes, que la technologie culturelle favorise, elles n’ont pas éradiqué le besoin de communauté. Individu + communauté = tribu. Des langues disparaissent tous les ans, mais des formes de communautés culturelles se créent tous les jours. Nous sommes donc tous, au xxie siècle, métis. La musique, qui n’a jamais été aussi présente dans nos sociétés, en est un bon exemple : les effets de niche des genres musicaux générés par les tribus contribuent à la diversification et au métissage. Il est donc lucide de proposer du diversifié dans une société individualiste.
Enfin, il est évident que l’innovation, qui est au coeur des métiers de Vivendi, génère de la diversité puisque la vraie innovation surprend toujours. Mais si elle est innovante, c’est qu’elle s’acclimate, se métisse très vite. Les entreprises culturelles globalisées ont un rôle moteur à jouer sur ce terrain mouvant. Illustrer, défendre et développer la diversité culturelle, ce n’est donc pas une affaire de vertu, mais de calcul rationnel. »



Mise à jour le jeudi 29 avril 2010.